j'habite une blessure sacrée
j'habite des ancètres imaginaires
j'habite un vouloir obscur
j'habite un long silence
j'habite une soif irrémédiable
j'habite un voyage de mille ans
j'habite une guerre de trois cents ans
j'habite un culte désafecté entre bulbe et caïeu
j'habite l'espace inexploité...
Rien à dire quand l'engagement devient poésie
rien à dire
quand je pleure
larmes étroites du bout du monde
posées dans le cul de sac de Basse-Pointe
Aimé Césaire extrait de "calendrier lagunaire" 1982