nous ça fait longtemps, si longtemps, juste une constatation de temps. je suis partie, j'ai voulu te quitter, mais je crois que tu fais partie de moi, pire tu peux être moi. je suis revenue dès que tu venais me chercher , sans honte, sans mots.
j'ai souvenir de notre première fois. j'avais dû aller dans cette maison la veille, nous avions échangé des mots d'amour, des mots-sexe, il restait à faire ce sexe, a nous prendre corps et âmes comme des fous.
le lit, un rêve de lit, un lit à barreaux, à l'ancienne, en fer. ce lit je nous y voyais, moi attachée, toi me baisant de toutes les façons.
et tu m'as baisé de toutes les façons ...
tu m'avais parlé de cet étui pénien, noir et luisant, et d'anneaux que tu pouvais y enfiler, pour moi c'était d'une puissance érotique impensable. encore aujourd'hui quand j'y pense, je bande dans ma tête
je me souviens de ce petit matin, j'étais vêtue de noir, ou plutôt dévêtue de noir, un top et une culotte en dentelle..noire
tu es arrivé avec ce petit air que j'adore, un air un peu géné, sérieux et un regard noir
plein de mystère
tu avais des cordes, et moi je t'apportais des barrreaux.
tu m'as attachée, mains et pieds, au lit, en silence
nous cultivons un silence qui fait plus de bruit que le tonnerre. je te regardai enfiler cet étui noir, magique, sur ton sexe qui bandait
ton sexe, j'en aime la couleur, la douceur, les contours soyeux et lisses, j'aime cet absence de poils qui laisse la chair nue, si douce à ma main, à ma langue.
sur cet étui noir, tu as enfilé des anneaux argentés, un par un et moi je regardai, silencieuse, fascinée presque. les anneaux luisants donnaient à ton sexe une rigidité inhabituelle un peu magique, je sentais le désir par vague venir, vague aller , vague retour, et tu es venu enfin, enfin sur ce lit où écartelée, ma chatte ouverte je t'attendais. je t'attendais depuis si longtemps, depuis la nuit des temps sans doute, et tu étais là entre mes cuisses, là chez toi. j'ai senti le froid de chaque anneaux dans mon sexe, il glissait ton sexe en moi, lubrifiée que j'étais. j'ai senti chaque anneaux se réchauffer, à mon contact. je retenai ma jouissance, mes mots.
mon souffle seul, et le tien . un souffle venu de nos entrailles, du tréfond de nous
de l'archaïque, du fond des temps
nous nous prenions les mains, la bouche, la langue. le regard, ton odeur me faisait basculer dans un monde de plaisirs, ta sueur dégoulilait sur mon visage, je prenais ce que je pouvais avec ma langue, j'aurai pu te boire tout, te manger, t'avaler, te deguster me perdre en toi à jamais
longs regards, pleinitude
nous ne disions rien, je retenais ma jouissance, j'aurai joui au premier contact des anneaux, je voulais prolonger ce plaisir, notre plaisir
les anneaux devenaient chauds, contact curieux et excitant
je sentais que j'allais jouir, je retenai cette vague, je voulais que tu viennes aussi
que tu jouisses avec moi
je t'ai dit d'une voix étranglée de plaisir : viens
et tu es venu
je t'aime
Je t'aime
et j'aime
cette relation bâtie au fil du temps
au fil du rasoir et qui dure dure dure
je sais que rien ne s'arrêtera
tu es la seule qui connait
ces plaisirs
tu es la seule que j'aime autant
tu es celle avec qui j'existe
vraiment
tu es la femme de tous mes désirs
nos fantasmes sont devenus communs
et nous les aimons
chacun autant les uns que les autres
Nous avons fait briller
nos ombres
la lumière noire
est notre alliée
je t'adore